LIBÉRER SON CŒUR DE LA HAINE

« La femme samaritaine lui dit: Comment toi, qui es Juif, me demandes-tu à boire, à moi qui suis une femme samaritaine? -Les Juifs, en effet, n’ont pas de relations avec les Samaritains. » (Jean 4 :9)
« Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais surmonte le mal par le bien. » (Romains 12:21)

0. Introduction
La haine est l’une des blessures les plus profondes que l’être humain puisse porter dans son cœur. Elle peut naître d’une injustice, d’une trahison, d’une humiliation, d’une déception ou d’un conflit qui n’a jamais été résolu.
Mais la haine peut aussi prendre des formes plus subtiles. Une personne peut haïr quelqu’un à cause de sa prospérité ou de sa réussite. Elle peut développer de l’hostilité envers une personne parce qu’un prétendu prophète lui a dit : « C’est cette personne qui bloque ta bénédiction ou ton progrès. » D’autres nourrissent une haine contre une ethnie, une tribu, une nation, une région, une communauté ou même une église.
Pourtant, l’Évangile nous appelle à sortir de cette prison intérieure.
Jésus-Christ n’est pas venu seulement nous délivrer du péché visible ; il veut également libérer notre cœur de ce qui nous éloigne de Dieu et de notre prochain.
« Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (Matthieu 22:39)
Libérer son cœur de la haine ne signifie pas nier le mal qui a été commis. Cela signifie refuser que le mal commis contre nous devienne le mal qui gouverne notre propre cœur.


1. COMPRENDRE CE QU’EST LA HAINE
La haine est plus qu’une simple colère passagère. La colère peut apparaître puis disparaître. La haine, elle, peut être entretenue et devenir une disposition permanente du cœur.
Elle peut se manifester par : le désir de voir l’autre échouer ; la joie devant son malheur ; le refus de lui pardonner ; les insultes et les paroles blessantes ; la vengeance ; la calomnie ; les discriminations ; le rejet d’un groupe entier à cause des actes de quelques individus ; la suspicion permanente ; les pensées répétées de vengeance.
La Bible nous avertit : « Que toute amertume, toute animosité, toute colère, toute clameur, toute calomnie, et toute espèce de méchanceté, disparaissent du milieu de vous. » (Éphésiens 4:31)
La haine commence souvent dans le cœur avant de devenir visible dans nos paroles et nos actions.


2. LA HAINE PEUT ÊTRE ALIMENTÉE PAR UN MENSONGE
Il existe une forme particulièrement dangereuse de haine : celle qui est construite sur une accusation spirituelle non vérifiée.
Quelqu’un peut dire : « Dieu m’a révélé que telle personne est responsable de ton blocage. »
À partir de cette parole, une personne peut commencer à soupçonner son voisin, son frère, son collègue, son responsable, un membre de sa famille ou même toute une communauté.
Il faut être extrêmement prudent.
La Bible nous enseigne à éprouver ce que nous entendons :
« N’ajoutez pas foi à tout esprit ; mais éprouvez les esprits, pour savoir s’ils sont de Dieu. » (1 Jean 4:1)
Une parole attribuée à Dieu ne doit jamais devenir automatiquement une permission de haïr, d’accuser ou de persécuter quelqu’un.
Même lorsqu’une personne nous a réellement fait du mal, Jésus ne nous donne pas le commandement de la haïr.
« Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent. » (Matthieu 5:44)
Dieu peut nous demander de nous éloigner d’une personne dangereuse sans nous demander de la haïr.


3. NE TRANSFORMONS PAS UNE PERSONNE EN ENNEMI ABSOLU
Lorsque quelqu’un nous a blessés, notre cœur peut facilement réduire cette personne à son acte :
« Il est mauvais. »
« Elle est mauvaise. »
« Cette famille est mauvaise. »
Puis progressivement, notre jugement s’étend à tous ceux qui lui ressemblent.
C’est ainsi que naissent les préjugés contre les ethnies, les tribus, les régions, les nations ou les communautés religieuses.
Pourtant, Dieu ne regarde pas l’être humain selon nos catégories ethniques ou tribales.
« Il n’y a ici ni Grec ni Juif, ni circoncis ni incirconcis, ni barbare ni Scythe, ni esclave ni libre ; mais Christ est tout et en tous. » (Colossiens 3:11)
Un crime commis par une personne ne rend pas coupable toute son ethnie.
Une injustice commise par un individu ne rend pas coupable toute sa tribu.
Une mauvaise expérience avec une personne d’un pays ne justifie pas la haine de toute une nation.
Une mauvaise conduite d’un membre d’une église ne signifie pas que tous les chrétiens de cette église sont mauvais.
Le chrétien doit apprendre à distinguer l’individu de la communauté.


4. LA PROSPÉRITÉ DES AUTRES NE DOIT PAS DEVENIR UNE SOURCE DE HAINE
Il arrive que la réussite d’une autre personne révèle quelque chose dans notre propre cœur.
Nous pouvons voir quelqu’un prospérer et penser :
« Pourquoi lui et pas moi ? »
Puis la jalousie peut progressivement se transformer en haine.
La Bible nous avertit contre ce sentiment.
« Car là où il y a un zèle amer et un esprit de dispute, il y a du désordre et toutes sortes de mauvaises actions. » (Jacques 3:16)
La réussite d’une autre personne ne signifie pas nécessairement que Dieu nous a oubliés.
Dieu n’a pas besoin de faire tomber quelqu’un pour nous relever.
La bénédiction de l’autre n’est pas automatiquement le vol de notre propre bénédiction.
Apprenons plutôt à nous réjouir avec ceux qui se réjouissent :
« Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent. » (Romains 12:15)


5. LES CONSÉQUENCES DE LA HAINE
a) La haine nous emprisonne
Celui qui hait pense souvent qu’il punit l’autre. Mais très souvent, c’est lui-même qui demeure prisonnier.
La personne que nous haïssons peut continuer à vivre normalement pendant que nous, nous repassons constamment dans notre esprit ce qu’elle nous a fait.
La haine occupe une place dans notre cœur que nous pourrions donner à Dieu.
b) La haine détruit notre paix
Une personne peut avoir une maison, un travail, de l’argent et même une position sociale, mais perdre sa paix intérieure à cause de la haine.
La Bible dit : « Un cœur calme est la vie du corps, mais l’envie est la carie des os. » (Proverbes 14:30)
La haine maintenue nourrit l’amertume, la colère et l’anxiété.
c) La haine nous éloigne de Dieu
L’apôtre Jean pose une question très sérieuse : « Celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, comment peut-il aimer Dieu, qu’il ne voit pas ? » (1 Jean 4:20)
Nous ne pouvons pas prétendre aimer Dieu tout en cultivant volontairement la haine contre notre prochain.
Cela ne signifie pas que toute blessure disparaît immédiatement.
Cela signifie que nous devons remettre notre cœur entre les mains de Dieu et choisir le chemin de l’amour.
d) La haine peut produire davantage de mal
La haine cherche souvent à se reproduire.
Une personne blessée peut blesser une autre personne.
Une famille peut transmettre une rancune à ses enfants.
Une génération peut transmettre à la suivante une hostilité héritée d’un conflit ancien.
Une communauté peut enseigner à ses enfants à mépriser une autre communauté.
Ainsi, une blessure qui n’est pas guérie peut devenir un héritage empoisonné.


6. PARDONNER NE SIGNIFIE PAS DIRE QUE LE MAL ÉTAIT BIEN
C’est une confusion importante.
Pardonner ne signifie pas :
approuver ce qui a été fait ;
nier l’injustice ;
oublier automatiquement ;
permettre à quelqu’un de continuer à nous maltraiter ;
renoncer à toute justice légitime ;
se remettre immédiatement dans une relation dangereuse.
Le pardon signifie notamment :
« Je refuse de laisser cette offense gouverner mon cœur. Je remets la vengeance entre les mains de Dieu et je choisis de ne pas rendre le mal pour le mal. »
Paul écrit :
« Ne vous vengez point vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère de Dieu. » (Romains 12:19)
Il est donc possible de rechercher la justice sans nourrir la haine.


7. COMMENT SE LIBÉRER DE LA HAINE ?
a) Reconnaître honnêtement sa blessure
Ne faisons pas semblant de ne pas souffrir.
Disons à Dieu : « Seigneur, cette personne m’a blessé. Je suis en colère. J’ai du ressentiment. Aide-moi. »
Dieu n’a pas peur de nos émotions.
Les Psaumes montrent que nous pouvons présenter à Dieu nos douleurs, nos incompréhensions et nos combats intérieurs.
b) Refuser de nourrir la haine
Certaines personnes demandent à Dieu de les délivrer de la haine tout en continuant à alimenter cette haine.
Elles répètent constamment l’histoire.
Elles recherchent de nouvelles informations sur leur adversaire.
Elles racontent l’offense à tout le monde.
Elles regardent constamment ce que fait leur ennemi.
Pour guérir, il faut parfois cesser d’alimenter ce qui nous détruit.
c) Examiner les accusations
Lorsqu’on nous dit :
« Cette personne est responsable de ton échec »,
nous devons nous demander :
Est-ce réellement établi ? Est-ce bibliquement fondé ? Existe-t-il des preuves ?
La Bible dit : « Celui qui répond avant d’avoir écouté, c’est pour lui une folie et une confusion. » (Proverbes 18:13)
Ne condamnons pas quelqu’un uniquement sur la base d’une rumeur, d’une accusation ou d’une prétendue révélation.
d) Prier pour la personne
C’est l’une des prescriptions les plus difficiles de Jésus :
« Priez pour ceux qui vous maltraitent. » (Luc 6:28)
Au début, nous pouvons ne pas ressentir d’amour.
Mais nous pouvons commencer par prier :
« Seigneur, bénis cette personne selon ta volonté. Transforme son cœur et transforme aussi le mien. »
Cette prière commence progressivement à libérer notre propre cœur.
e) Pardonner comme Christ nous a pardonnés
Paul écrit : « Supportez-vous les uns les autres, et, si l’un a sujet de se plaindre de l’autre, pardonnez-vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi. » — Colossiens 3:13
Notre modèle n’est pas la justice humaine seule.
Notre modèle est Christ qui nous a pardonnés.
Nous avons reçu une grâce que nous ne méritions pas.
Nous sommes donc appelés à transmettre cette grâce.


8. LE PARDON EST PARFOIS UN PROCESSUS
Certaines blessures sont profondes.
Il serait donc irréaliste de dire à quelqu’un : « Pardonne simplement et demain tu ne ressentiras plus rien. »
Le choix de pardonner peut être instantané, mais la guérison émotionnelle peut prendre du temps.
On peut avoir pardonné quelqu’un et ressentir encore de la douleur.
La différence est que nous ne choisissons plus de nourrir la haine.
Chaque fois que la blessure revient, nous pouvons répéter :
« Seigneur, je remets encore cette personne entre tes mains. Je refuse de nourrir la haine. Guéris mon cœur. »


9. LES BIENFAITS DU PARDON
– Le pardon libère
Lorsque nous pardonnons, nous cessons progressivement d’être dominés par l’offense.
– Le pardon restaure la paix
« Heureux ceux qui procurent la paix. » (Matthieu 5:9)
Le pardon protège notre cœur
Proverbes 4:23 nous dit : « Garde ton cœur plus que toute autre chose, car de lui viennent les sources de la vie. »
– Le pardon brise le cycle de la vengeance
Au lieu de transmettre le mal, nous choisissons de l’arrêter.
Le pardon nous rapproche du caractère de Christ
Jésus, sur la croix, a prié : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font. » (Luc 23:34)
Le chrétien appelé à suivre Christ est donc appelé à devenir un instrument de réconciliation.


10. QUAND LA HAINE EST COLLECTIVE
La haine contre une ethnie, une tribu, une nation ou une église est particulièrement dangereuse parce qu’elle transforme des individus en catégories.
Elle dit : « Ils sont tous comme ça. »
Mais Dieu voit des personnes, pas seulement des catégories.
La Bible enseigne que Dieu : « a fait que tous les hommes, sortis d’un seul sang, habitent sur toute la surface de la terre » (Actes 17:26).
Le chrétien ne peut donc pas faire de l’ethnie, de la tribu ou de la nationalité un objet de haine.
Nous pouvons dénoncer l’injustice sans haïr un peuple.
Nous pouvons combattre le péché sans mépriser les pécheurs.
Nous pouvons être en désaccord avec une église sans haïr tous ses membres.
Nous pouvons défendre notre communauté sans déshumaniser une autre communauté.
La croix de Christ est plus grande que nos divisions humaines.


11. LAISSER DIEU ÊTRE JUGE
L’une des raisons pour lesquelles nous avons du mal à pardonner est que nous voulons parfois devenir nous-mêmes juges, procureurs et bourreaux.
Mais Dieu dit : « À moi la vengeance, à moi la rétribution. » (Romains 12:19)
Remettre la vengeance à Dieu ne signifie pas que nous devons être passifs face à l’injustice.
Nous pouvons rechercher la vérité.
Nous pouvons demander justice.
Nous pouvons protéger les victimes.
Nous pouvons dénoncer le mal.
Mais nous n’avons pas besoin de transformer notre cœur en prison de haine.


12. UNE PRIÈRE POUR LA LIBÉRATION DU CŒUR
Seigneur mon Dieu,
Je reconnais devant toi les blessures que je porte dans mon cœur.
Tu connais les personnes qui m’ont offensé, humilié, trahi ou fait du mal.
Tu connais également les personnes ou les communautés envers lesquelles j’ai développé de la haine, de la colère ou du ressentiment.
Aujourd’hui, je décide de ne plus laisser la haine gouverner mon cœur.
Je renonce à la vengeance personnelle.
Je te remets ceux qui m’ont fait du mal.
Donne-moi la grâce de pardonner comme Christ m’a pardonné.
Guéris mes blessures.
Déracine l’amertume.
Délivre-moi des préjugés, de la jalousie, de la haine tribale, ethnique et communautaire.
Donne-moi un cœur capable d’aimer même ceux qui sont différents de moi.
Apprends-moi à rechercher la vérité sans haïr, la justice sans vengeance et la paix sans compromis avec le mal.
Que mon cœur devienne une habitation de ton amour.
Au nom de Jésus-Christ.
Amen.


CONCLUSION : NE LAISSEZ PAS LA HAINE VOLER VOTRE CŒUR
La haine promet de nous donner du pouvoir, mais elle nous emprisonne.
Elle promet de punir notre ennemi, mais elle détruit souvent notre propre paix.
Elle nous fait croire que nous protégeons notre dignité, alors qu’elle peut progressivement détruire notre communion avec Dieu et avec les autres.
Mais l’Évangile nous propose un autre chemin :
le pardon, l’amour, la vérité, la justice et la réconciliation.
Nous ne pouvons pas toujours empêcher quelqu’un de nous faire du mal.
Nous ne pouvons pas contrôler les paroles des autres.
Nous ne pouvons pas empêcher les injustices d’exister.
Mais, avec l’aide de Dieu, nous pouvons décider de ce qui gouvernera notre cœur.
Ne permettez pas à quelqu’un qui vous a blessé de continuer à vivre gratuitement dans votre cœur.
Remettez cette personne à Dieu.
Pardonnez.
Priez.
Guérissez.
Avancez.
Et surtout, souvenez-vous de la parole de Paul : « Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais surmonte le mal par le bien. » (Romains 12:21)
La haine dit : « Fais-lui du mal. »
La vengeance dit : « Fais-lui payer. »
La chair dit : « Détruis-le. »
Mais Christ dit : « Aime, pardonne et prie. »
Libérez votre cœur. Laissez Dieu vous guérir et laissez l’amour de Christ avoir le dernier mot.

Par Dr Daniel Esimo Sindano

DaniElda Ministries


En savoir plus sur DaniElda Ministries

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Laisser un commentaire


En savoir plus sur DaniElda Ministries

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture