Rester fidèle à Jésus-Christ dans un monde où les scandales religieux ternissent le témoignage de l’Évangile

0. Introduction


Au XXIᵉ siècle, la religion occupe encore une place importante dans la vie de millions de personnes. Des églises se construisent, des prédications sont diffusées sur Internet, des croisades d’évangélisation sont organisées et de nombreuses personnes recherchent Dieu à travers la prière, la louange et l’étude de la Bible.
Cependant, cette expansion du phénomène religieux s’accompagne parfois de comportements scandaleux de la part de certains responsables religieux et de certains croyants. Ceux qui devraient manifester l’amour, la justice, la sainteté et la compassion de Jésus-Christ deviennent parfois des instruments de manipulation, de division, d’enrichissement personnel ou de violence.
Cette situation constitue une honte pour le témoignage chrétien. Elle offre également des arguments aux athées, aux agnostiques et à tous ceux qui critiquent le christianisme. Lorsqu’un prédicateur proclame la sainteté tout en vivant dans l’adultère, prêche l’amour tout en encourageant la haine, ou parle au nom de Dieu tout en soutenant des atrocités, le monde est en droit de s’interroger sur la crédibilité de son témoignage.
Il faut néanmoins établir une distinction fondamentale : les fautes commises par des personnes religieuses ne prouvent pas que Jésus-Christ est faux, mais elles révèlent l’infidélité de ceux qui prétendent le représenter. La conduite de certains chrétiens peut contredire l’Évangile sans annuler la vérité de celui-ci.
La question essentielle est donc la suivante : comment comprendre les dérives religieuses à la lumière de la Bible, quelles en sont les conséquences et comment demeurer fidèle à Jésus-Christ malgré les scandales et les critiques ?


I. Les côtés honteux de la religion au XXIᵉ siècle


1. Les faux pasteurs et les faux prophètes
Jésus-Christ a expressément averti ses disciples contre les faux prophètes : « Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au-dedans ce sont des loups ravisseurs» (Matthieu 7:15).
Aujourd’hui, certains individus utilisent le titre de pasteur, d’apôtre ou de prophète pour acquérir une influence, satisfaire leurs ambitions personnelles ou exploiter la vulnérabilité spirituelle des fidèles.
Le problème n’est pas le ministère pastoral ou prophétique en lui-même. Le problème est l’utilisation abusive du nom de Dieu pour tromper, dominer ou exploiter les êtres humains.
La Bible enseigne que les véritables serviteurs de Dieu doivent être caractérisés par l’intégrité, l’humilité, la fidélité à la Parole et le souci du troupeau (1 Pierre 5:2-3).
(Matthieu 7:15-20 ; Jérémie 23:16-22 ; 2 Pierre 2:1-3)


2. La flatterie des hommes politiques et la compromission avec le pouvoir
Une autre dérive honteuse apparaît lorsque certains responsables religieux deviennent les admirateurs inconditionnels des hommes politiques, non parce que leurs actions sont justes, mais parce qu’ils espèrent obtenir des avantages matériels, une protection, une position sociale ou un financement.
Certains peuvent transformer la chaire en tribune de propagande, présenter un dirigeant comme intouchable ou lui attribuer systématiquement la faveur divine, même lorsque ses décisions méritent une critique morale.
Le prophète Nathan n’a pourtant pas flatté le roi David lorsqu’il commit une faute grave. Il l’a confronté à son péché (2 Samuel 12:1-13). De même, Jean-Baptiste a dénoncé publiquement une conduite immorale du roi Hérode (Marc 6:17-18).
Le véritable serviteur de Dieu ne doit être ni l’ennemi systématique des autorités ni leur courtisan. Il doit prier pour les dirigeants, reconnaître ce qui est juste et dénoncer le mal avec vérité, courage et sagesse.
La fidélité chrétienne exige de se rappeler que l’autorité politique reste soumise au jugement moral de Dieu.
(Proverbes 29:5 ; Marc 6:17-18 ; Actes 5:29 ; 1 Timothée 2:1-2)


3. Les prophéties sur les pronostics des matchs de football
Il est également préoccupant de voir certaines personnes se présentant comme prophètes annoncer les résultats des matchs de football, désigner à l’avance les équipes gagnantes ou prétendre révéler des scores exacts au nom du Saint-Esprit.
Le football est un domaine de divertissement et de compétition sportive. Rien dans la mission centrale de l’Église ne justifie que le ministère chrétien soit transformé en service de pronostics, particulièrement lorsque ces annonces sont liées aux paris, à l’appât du gain ou à la recherche de popularité.
La Bible ne présente pas la prophétie comme un instrument destiné à satisfaire toutes les curiosités humaines. Elle appelle plutôt les croyants à discerner les messages spirituels et à examiner leur conformité à la vérité de Dieu (1 Thessaloniciens 5:20-21 ; 1 Jean 4:1).
Une annonce spectaculaire n’est pas nécessairement une révélation divine. Un responsable religieux qui affirme parler au nom de Dieu doit accepter que ses paroles soient examinées.
(Deutéronome 18:20-22 ; 1 Thessaloniciens 5:20-21 ; 1 Jean 4:1)


4. La division des familles au nom de la religion
La religion devient honteuse lorsqu’elle est utilisée pour détruire les relations familiales, encourager les soupçons ou imposer une dépendance excessive à un responsable spirituel.
Certains responsables peuvent convaincre des fidèles que leurs proches sont nécessairement des ennemis spirituels, les pousser à rompre tout contact avec leur famille ou les inciter à abandonner leurs responsabilités familiales sans raison biblique valable.
D’autres attisent les conflits conjugaux, humilient les membres de leur communauté ou entretiennent des rivalités entre familles.
La Bible commande aux croyants de rechercher la paix, de prendre soin des leurs et de vivre autant que possible en paix avec tous.
(Romains 12:18 ; Éphésiens 6:1-4 ; 1 Timothée 5:8 ; Colossiens 3:19-21)


5. Le soutien aux atrocités, aux tueries et à la haine
L’un des aspects les plus graves de la compromission religieuse est le soutien, direct ou indirect, aux atrocités, aux massacres et aux violences commises contre des innocents.
Lorsqu’un responsable religieux justifie les tueries en raison d’une appartenance ethnique, politique ou communautaire, bénit des actes criminels ou utilise la Bible pour encourager la vengeance, il trahit la mission de réconciliation confiée aux disciples de Jésus-Christ.
L’Évangile ne peut pas servir de couverture à la cruauté. Jésus a commandé d’aimer ses ennemis et de prier pour ceux qui persécutent ses disciples (Matthieu 5:44). Il a également rappelé que ceux qui prennent l’épée périront par l’épée (Matthieu 26:52).
Une Église qui justifie les massacres au lieu de défendre la vie perd une part essentielle de son témoignage moral.
(Exode 20:13 ; Proverbes 31:8-9 ; Matthieu 5:9, 44 ; Romains 12:17-21)


6. L’adultère, l’immoralité sexuelle et l’abus d’autorité
Le scandale devient particulièrement grave lorsqu’un responsable religieux prêche la fidélité conjugale tout en commettant l’adultère, abuse de personnes vulnérables ou utilise son autorité spirituelle pour obtenir des faveurs sexuelles.
Le ministère ne donne à personne un droit sur le corps, la conscience ou la vie privée d’autrui. Une position religieuse ne rend pas un homme ou une femme moralement irréprochable.
La Bible condamne l’adultère et appelle les responsables spirituels à être exemplaires dans leur conduite (Exode 20:14 ; 1 Timothée 3:2-5).
(Exode 20:14 ; 2 Samuel 11–12 ; 1 Timothée 3:2-5 ; Éphésiens 5:3)


7. La cupidité, le commerce de la foi et l’exploitation des fidèles
La cupidité constitue une autre blessure du témoignage chrétien. Certains prédicateurs présentent la richesse comme une preuve automatique de la faveur divine et la pauvreté comme un signe nécessaire de manque de foi. Ils multiplient les sollicitations financières, promettent des miracles en échange d’argent ou utilisent la peur pour obtenir des dons.
Or, la Bible met en garde contre ceux qui considèrent la piété comme une source de profit (1 Timothée 6:5-10). Jésus a chassé du temple ceux qui en faisaient un lieu de commerce (Jean 2:13-17).
Le véritable ministère chrétien doit promouvoir la générosité libre, la gestion responsable et la solidarité, plutôt que l’enrichissement personnel aux dépens des fidèles.
(Matthieu 10:8 ; Jean 2:13-17 ; 2 Corinthiens 9:7 ; 1 Timothée 6:6-10 ; 1 Pierre 5:2)


8. L’hypocrisie, l’orgueil et la recherche de la gloire humaine
Certains responsables aiment être appelés par des titres prestigieux, recherchent les premières places, exigent des honneurs particuliers et refusent toute correction. Ils peuvent prêcher l’humilité tout en humiliant les autres. (Matthieu 23:1-12).
L’hypocrisie consiste à afficher publiquement une piété que l’on refuse de pratiquer dans sa vie privée. Elle peut aussi se manifester lorsqu’une communauté protège systématiquement ses dirigeants, dissimule leurs fautes ou applique des règles différentes selon le statut social des personnes.
La sainteté chrétienne ne se mesure pas au nombre de titres, de miracles annoncés, d’abonnés sur les réseaux sociaux ou de bâtiments construits, mais à une vie progressivement transformée par la vérité, l’amour et l’obéissance à Dieu.
Références bibliques : Matthieu 6:1-6 ; Matthieu 23:1-12 ; Galates 5:22-23 ; Jacques 3:13-18.


II. Les conséquences des dérives religieuses


1. Le blasphème du nom de Dieu parmi les peuples
Lorsque ceux qui se réclament de Dieu pratiquent l’injustice, les personnes qui les observent peuvent en conclure que le christianisme lui-même encourage ces comportements.
Paul déplore que le nom de Dieu soit blasphémé parmi les nations à cause de la conduite de certains croyants (Romains 2:24).
La mauvaise conduite d’un chrétien devient ainsi une pierre d’achoppement pour ceux qui cherchent sincèrement la vérité.


2. La perte de confiance envers les Églises et leurs responsables
Les scandales répétés peuvent conduire les fidèles à perdre confiance dans les pasteurs, les prophètes et les institutions religieuses. Certains quittent leur communauté, d’autres abandonnent toute pratique religieuse, tandis que d’autres encore deviennent méfiants à l’égard de toute personne qui parle de Dieu.
La confiance se construit par la vérité et la cohérence. Elle ne peut être restaurée durablement par des déclarations publiques sans repentance ni changement réel.


3. L’éloignement des personnes de l’Évangile
Une personne qui a été manipulée financièrement, abusée sexuellement ou blessée par une communauté religieuse peut associer sa souffrance à Dieu lui-même.
Cette situation est tragique, car le témoignage de ceux qui prétendent annoncer l’amour de Christ peut devenir un obstacle à la découverte de cet amour.
L’Église doit donc prendre au sérieux les souffrances des victimes et ne jamais considérer la protection de sa réputation comme plus importante que la vérité et la justice.


4. La division sociale et l’aggravation des conflits
Lorsqu’une religion est instrumentalisée par des intérêts politiques, financiers ou identitaires, elle peut alimenter les rivalités, la haine et la violence.
Au lieu de favoriser la réconciliation, elle devient un facteur de division. Au lieu de défendre les opprimés, elle peut légitimer les puissants. Au lieu de protéger les faibles, elle peut les abandonner.
Ces conséquences contredisent la mission biblique de rechercher la paix, la justice et la dignité humaine.


5. Le jugement de Dieu sur les faux témoins
La Bible rappelle que ceux qui enseignent et dirigent auront à rendre compte de leur responsabilité. (Jacques 3:1, Matthieu 7:21-23).
Le titre de pasteur, de prophète ou d’apôtre ne dispense donc personne de l’obéissance à Dieu. Le jugement divin ne dépend ni de la popularité d’un prédicateur ni de la taille de son assemblée.


III. La réponse biblique aux dérives religieuses


1. Revenir à Jésus-Christ et à l’autorité des Écritures
La première réponse ne consiste pas à abandonner Jésus-Christ à cause des fautes de ceux qui prétendent le représenter. Elle consiste à revenir à sa personne, à son enseignement, à sa mort et à sa résurrection.
Jésus-Christ demeure le modèle suprême du ministère chrétien. Il a servi sans exploiter, enseigné sans flatter, dénoncé l’hypocrisie et donné sa vie pour les autres.
Les croyants doivent examiner les enseignements à la lumière de la Bible (Actes 17:11).
La fidélité chrétienne n’est donc pas une obéissance aveugle à un homme, mais une soumission à Dieu, éclairée par sa Parole.


2. Exercer le discernement spirituel
La Bible ne demande pas au chrétien de croire toute déclaration faite au nom du Saint-Esprit. Elle lui demande d’éprouver les esprits et d’examiner les enseignements (1 Jean 4:1).
Le discernement ne signifie pas soupçonner tout le monde. Il signifie refuser de confondre le spectaculaire avec le spirituel et le charisme avec le caractère.


3. Pratiquer la repentance et la restauration dans la vérité
Lorsqu’un chrétien commet une faute, la réponse biblique n’est ni le déni systématique ni la condamnation définitive de toute personne qui tombe. C’est la repentance sincère, accompagnée de la vérité, de la réparation lorsque cela est possible et d’un changement de conduite.
David, confronté par Nathan, a reconnu son péché (2 Samuel 12:13). Dans le Nouveau Testament, les croyants sont appelés à confesser leurs péchés et à rechercher la purification de Dieu (1 Jean 1:9).
Une Église fidèle ne dissimule pas le mal : elle le traite avec vérité, courage et compassion.


4. Promouvoir une gouvernance responsable dans l’Église
Pour prévenir les dérives, les communautés chrétiennes doivent mettre en place des mécanismes de responsabilité.
L’autorité chrétienne est une responsabilité au service des autres, et non un privilège permettant d’échapper à la correction.
(Exode 18:21 ; Actes 6:1-6 ; 2 Corinthiens 8:20-21 ; 1 Pierre 5:2-3)


5. Défendre la justice et la dignité humaine
L’Église doit être du côté de la vérité, de la vie et de la justice. Elle ne doit pas bénir les massacres, excuser la corruption ou fermer les yeux sur les violences au nom de la loyauté envers un dirigeant ou un responsable religieux.
La réconciliation biblique ne consiste pas à imposer le silence aux victimes. Elle implique de reconnaître le mal, de rechercher la vérité et de travailler à une paix fondée sur la justice.
(Ésaïe 1:17 ; Michée 6:8 ; Proverbes 31:8-9 ; Matthieu 5:9)


6. Ne pas confondre la fidélité à Christ avec la fidélité aveugle à une institution
Un chrétien peut aimer son Église tout en reconnaissant que certains de ses responsables commettent des fautes.
La fidélité à Jésus-Christ ne consiste pas à protéger la réputation d’un homme au détriment de la vérité. Elle consiste à honorer le Seigneur en toutes circonstances.
(Actes 5:29 ; Galates 1:8-10 ; Actes 17:11)


Conclusion : Jésus-Christ reste la référence suprême de notre foi


Le côté honteux de la religion au XXIᵉ siècle ne doit être ni dissimulé ni banalisé. Les faux prophètes, la flatterie politique, les pronostics sportifs présentés abusivement comme des révélations, la division des familles, la justification des atrocités, l’adultère, la cupidité et l’hypocrisie constituent des dérives graves lorsqu’elles sont effectivement pratiquées par des personnes se réclamant de Jésus-Christ.
Ces comportements blessent les victimes, détruisent la confiance, divisent les communautés et donnent aux critiques du christianisme des raisons légitimes de dénoncer certaines pratiques religieuses.
Cependant, la réponse chrétienne ne consiste ni à nier les scandales ni à abandonner automatiquement la foi. Elle consiste à revenir à Jésus-Christ, à examiner les enseignements par les Écritures, à rechercher la repentance, à protéger les victimes et à promouvoir une vie de justice, d’amour et d’intégrité.
« Soyez donc les imitateurs de Dieu, comme des enfants bien-aimés ; et marchez dans la charité, à l’exemple de Christ. » (Éphésiens 5:1-2)

Dr Daniel Esimo Sindano

+243 992 997 101


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